Il y a tant de choses que j'aimerais à dire
Mais j'attends toujours de ne plus pouvoir les dire
J'attends toujours comme le pire
Pour me dire que les choses à dire sont des choses à dire
J'attends la perdition, j'attends le total échec
J'attends que mon cadavre luise suffisamment
Pour plaire à ma propre hyène, mon propre chacal, mon propre fennec
J'attends de ne plus me plaire pour me trouver intéressant
J'attends, j'attends, j'attends ...
On peut mourir à force d'attendre
Mais combien de gens sont déjà morts sans avoir attendu pour vivre ?
Combien de gens croient vivre, alors que de tout ils sur-dépendent ?
Dans la vie on fait tout le temps semblant
Si ce n'est nous concernant, alors concernant autrui, le monde ...
Quoiqu'il en soit, autrui, le monde, c'est toujours soi
Et ça fait mal de se dire que l'egocentrisme est toujours roi
Je suis mon peuple, certes, mais je suis aussi ma maison
Et je ne veux pas forcément avoir de maison
Je, je, je ... ferme-la un peu au lieu de cracher sur ton tombeau !
Avoir un tombeau est précieux, autant qu'il n'accueille que lambeaux
Devrions-nous alors sombrer dans la propre résolution de nous ?
Irrésolution de toute façon, irrésolution car nous sommes encore vivants
L'homme n'est pas fait pour être satisfait, jamais, en aucune façon
Sinon il serait un enfant avorté, un embryon mort, un enfant mort-né ...
Dieu est un salaud qui a juste gagné un jour le pactole au loto
Alors qu'il était déjà archi milliardaire, il a fait de cette somme
L'occasion de créer les hommes, mais a gardé le reste de sa richesse
Pour confectionner l'équation impossible et le reste
Combien sommes-nous ? à ne pas pouvoir lâcher de lest
Nous sommes des millions, des milliards sur terre, à être centenaires
Alors que la montgolfière, au mieux atteint le plafond
Et au pire ne décolle pas de la sphère
Je bois, je fume ; je ne bouge pas
Pour mieux palper ce tournoiement délétère