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Exutoire

A l'âge de 11 ans, je me masturbais en pensant à la plante des pieds de mes camarades de classe. Tant, que j'arrivais un peu en retard pour les cours, le slip sale et collant, autant que je n'y pensais plus lorsque j'arrivais dans la classe. S'ils avaient su ... Les filles ne m'intéressaient pas. Je les trouvais beaucoup trop douces, sans doute beaucoup trop filles. Mais qu'auraient-elles pu faire pour y remédier ? Seuls les garçons m'excitaient, et seule une seule chose m'excitait chez eux : leurs pieds de jeunes garçons. Même aujourd'hui, les femmes ne m'intéressent pas, et leurs pieds non plus, du moins c'est ce que je croyais ...

 

Les garçons me tyrannisaient au collège, lorsque j'avais 11 ans. Ils me traitaient de gros, de pd, de sans ami. En primaire j'étais toujours avec les filles, et je ne m'intéressais pas encore aux garçons. Je les zappais. Mais j'étais lâche alors, car je faisais connerie sur connerie, en prenant pour victimes ... les filles. Je les tyrannisais. Je leur volais des vêtements, je leur crachais dessus, je les tapais, je coupais leurs cheveux, je cassais leurs lunettes ... Du coup, j'étais avec elles en permanence, mais elles ne m'aimaient pas vraiment. Elles s'attendaient toujours à une crasse de ma part. Je suppose qu'inconsciemment dès lors, les garçons savaient que j'avais peur d'eux, puisque je ne m'attaquais jamais à eux, et de surcroît puisque je m'attaquais aux filles. Mais pour m'y attaquer il fallait que je les fréquente. Donc, je jouais souvent à des jeux de filles, avec les filles, pour assouvir mes pulsions, au contraire de jouer avec les garçons, à des jeux de garçons, pour me chamailler gentillement, donc où il n'aurait pu s'agir de pulsions, mais plutôt de simulations d'un état puissant et viril, via des bagarres, des affrontements physiques ou verbaux, où toute l'identité du futur homme que j'aurais été, aurait pu se construire.

 

Le fait est que j'avais peur des garçons, de la violence, de la " petite virilité ". Du coup je fuyais tout ce qui avait attrait à cela, c'est à dire le sport, et donc le football, le basketball, le handball etc, les discussions autour des filles, des expériences amoureuses de jeunesse, les discussions autour des voitures, des jeux vidéos ; en deux mots je fuyais l'identité masculine. Je suppose que je la fuyais aussi car mon père m'inspirait tout cela ; il semblait à l'aise avec les gens, il était bourlingueur, grande gueule, parfois vulgaire, parfois brutal, il aimait le football, les jeux de courses de voitures ... mais il fuyait lui-même sa propre sensibilité, et donc ne pouvait pas être sensible à celle des autres, et notamment à la mienne. Plus tard, lorsque j'ai commencé à écrire des textes, à faire des montages graphiques et des images, à chanter mes propres chansons, c'est à dire 10 ans plus tard, ceci a confirmé cela. Jamais aucune parole intéressée de sa part, jamais aucune curiosité portée sur ce que je faisais alors. Voire même du mépris pour ma sensibilité et mon intelligence de "trou du cul sans expérience de la vie".Sans doute avait-il oublié que la réelle expérience de la vie, lui-même il se la cachait, en prétendant qu'elle consistait à bosser, et à rapporter de l'argent, à traîner au bar et à discuter n'importe comment avec n'importe qui, à regarder des matchs de foot, et à vivre sa jeunesse exclusivement en se droguant, et en faisant des conneries, histoire de flirter avec le danger. Je n'aimais pas mon père. Pour moi c'était un étranger, qui sans forcément me blesser, me faisait du mal.

 

De là il est venu un profond désir de me venger de mes camarades qui me faisaient du mal, et de mon père qui lui aussi me faisait du mal. Me venger de la virilité et des hommes. Me venger de ce sexe opposé, qui sans pour autant me prendre pour une fille, était pour moi une hantise, une appréhension, et une source d'humiliation et de non-reconnaissance. Il aurait été logique donc, que l'objet de ma vengeance se porte sur le symbole de la virilité, c'est à dire le phallus. Mais comme j'avais besoin de reconnaissance, ce que je souhaitais aussi, inconsciemment, c'était la reconnaissance à proprement parler. Je souhaitais donc me venger, mais concrètement je ne pouvais pas. Il était donc logique que ma vengeance s'installe sur un plan strictement intime et personnel. Et très vite la masturbation s'est installé ; masturbation que je pratiquais en pensant à des hommes. Mais comment y pensais-je ? Fallait-il rosser et battre leur phallus ? Si cela aurait été le cas, je n'aurais pas eu de reconnaissance, mais plutôt j'aurais été moi-même un homme violent et viril qui frappe, ce qui m'effrayait puisque c'était ce que je fuyais. Il fallait donc les faire jouir, en même temps que la jouissance aurait constitué une vengeance. Et donc tout aussi rapidement, l'idée de les chatouiller m'avait paru être un bon compromis. Mais je fuyais le rapport homme / homme. Aussi cette vengeance par les chatouilles n'aurait pas pu être envisagée, pratiquée sur le sexe des hommes auxquels je pensais. J'ai donc encore une fois trouvé un compromis, en décidant d'exercer ma vengeance sous leurs pieds, la plante des pieds étant un symbole érotique, et donc dissimulant une envie de se rapporter au sexe masculin. C'était pile poil dans mes cordes.

 

Voilà pourquoi je me masturbais tous les jours, à de multiples reprises, avant d'aller en cours, ou dans mon lit le soir. Mais en dehors de ça, je le faisais aussi dans le lit de mes parents. Pour punir mon père, c'est évident, mais également pour punir ma mère, qui avait toujours accepté cette virilité " monstrueuse " sous son toit, et par extension sous le mien aussi. Voilà pourquoi j'ai fini aussi par penser aux femmes en me masturbant, mais à une seule femme : ma mère. Je fantasmais donc aussi sur les pieds de mon père et ceux de ma mère. Je fantasmais de les voir ligotés tous les deux, ensemble, ou séparément, et de chatouiller leurs plantes de pieds aussi longtemps que j'aurais pu le décider. J'en éprouvais une grande jouissance, j'étais libéré sans l'être, triomphant sans jamais triompher.  

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