Je suis sans logis. Je suis un squatteur. Un petit écureuil. Que pourrais-je être d'autre ? Partout où je vais je ne trouve que des petites noisettes tendres, à croquer ... comme des grosses paires de couilles omniprésentes à balayer. Je n'ai pas ma place en ce monde ... et je n'en veux pas ! Je veux avoir un petit chemin, des brindilles qui courent devant moi, pour me laisser passer. Je hais les grandes avenues qui laissent, et autorisent à passer ! les egos obèses et creux, comme des donuts pleins de calories inutiles, qui autorisent à passer ! les petits culs bien fermes des pétasses, cirés et amidonnés, qui attendent avec impatience leur dernier amour, qui autorisent à passer ! les ranplanplans des patapoufs parfaits, et leurs troupeaux, les meutes sanguinaires ! qui vous persuadent, aimablement, de leur laisser leur chemin, et qui autorisent, éventuellement à passer, ceux qui ne peuvent faire que passer ! Mais, est-ce une raison pour aimer les petits chemins de campagne pour autant ? Les petits sentiers égarés ? Les champs tremblotants, soulevant des blés qui doivent ! pousser ? Est-ce une raison pour apprécier une vie où nous n'aurions que ! notre place ? Comme si nous devions vivre rangés, sur une place de parking, réservés à nous-mêmes pour toujours ? Alors, dans l'un comme dans l'autre, fuir. Fuir ... Fuir vers le monde, qu'importe ! un monde extérieur ou un monde intérieur, oui, au fond qu'importe, puisque l'important est de fuir. Toujours. Et craindre, avoir peur de la satisfaction ! Se sentir à la fois béni, non béat, béni ! et indigne ! lorsque le vent et la pluie vous obligent à trouver un abri. Je suis sans logis ! et au pays des sans-abris, même ! je sais que je suis le plus indigne, car encore, il me reste, peut-être mon corps, et car de cela je ne peux être que satisfait. Je ne connais pas la misère, je suis un arriviste, et je me console piteusement, en me disant ... qu'il y a pire que moi. Je suis honteux, et la honte est satisfaite.