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La paranoïa

Quand on va mal en soi, on ne peut pas trouver la solution en soi. On ne peut pas se motiver, si toutes nos motivations se perdent dans des symptômes pathologiques ; si tout ce qui vient, ne vient qu'en réponse à ce qui nécessite davantage des questionnements que des réponses ...

 

La paranoïa

 

Dans la paranoïa, l'être est souvent " victimisé " par des conflits intérieurs, qui le rendent relativement tranquille lorsqu'il est seul, mais qui souvent complexifient ses relations, lorsqu'il est accompagné socialement.

 

Très souvent donc, l'être en question n'a pas conscience de ses relations sociales compliquées, et pense que le problème vient des autres, de la société, du système, de la vie en elle-même : il se met alors à intellectualiser ce qui lui pose des difficultés, à accuser les circonstances, et à penser que tout irait mieux s'il changeait de vie ou de cadre, ou si le monde en lui-même changeait.

 

Cela peut alors inaugurer une sorte de " victimisation malgré soi ", mais plus véritablement un début de névrose à tendance paranoïaque.

 

L'être, devenant peu à peu névrosé, est alors sans cesse dans la recherche de l'absolue véracité de tout rapport humain. Il cherche en vain de " vrais rapports " ; des rapports humains plus vrais que nature, afin de soulager son début de paranoïa, déja bien installé en lui. Il questionne les autres en permanance, en étant déjà presque sûr de leurs réponses.  Il affirme ensuite dit-il, " qu'il le savait bien ! ", ce qui provoque chez les autres une espèce d'agacement exaspéré. Puis chez ces autres, ensuite, se développe une sorte de presque " crainte ", de devoir à nouveau répondre à une question, de la part de cet être névrosé, à force de la perpétuelle appréhension de leurs réponses, toujours remises en question par le malade.

 

Derrière cette discordance dans les rapports, il se cache, souvent, un grand besoin de reconnaissance de l' " illusoire " légitimité de la souffrance de l'être déséquilibré en question, au détriment de la conscience de son sentiment constant de persécution, certes oui construit et légitime, mais surtout purement imaginaire.

 

Le persécuté cherche toujours, en vain, un équilibre fictionnel et surnaturel, une fusion affective avec les autres, et se barricade d'intéressements futiles et dérisoires, auxquels il veut et force les autres à adhérer, par pure volonté d'obtenir des certitudes affectives et relationnelles.

 

Car l'être souffrant de sentiments de persécution, est bourré de doutes et d'incertitudes, par rapport à la véracité de la spontanéité des autres, justement ! ; ce qui dissimule alors sa propre incertitude, quant à sa satisfaction affective et relationnelle lors de rapports humains, dont il exige toujours des justifications consolatrices.

 

Le persécuté est donc, par essence, non seulement un être épuisant pour les autres, à force de toujours leur solliciter des explications, dont malgré tout, il suspectera toujours l'invraisemblable, mais il est aussi un être épuisant, car il fait de lui, involontairement, un être particulièrement tyrannisant, du fait de son éternelle insistance en tout et pour tout.

 

La conséquence de tout ceci est que les autres ne peuvent que fuir, et donc le repousser ; fuite et repoussement, dont le persécuté n'y verra que trahison et injustice, ce qui ne fera que gonfler son ego frustré et amer, pour rien comme pour tout.

 

Cette personne névrosée deviendra alors sûre et certaine d'être en proie à la cruauté d'autrui, d'être une victime, cherchant avidement à être comprise.

 

Mais personne ne saurait alors le comprendre, puisqu'aux yeux de tous, il aurait alors absolument raison de souffrir, et surtout car si les autres tentaient réellement de le comprendre, de l'écouter, et de tenter de lui expliquer le mal-fondé de sa persécution, il y verrait alors immédiatement un jugement et une critique déplacée.

 

Il n'accepterait alors pas de se remettre en question, car son refoulement à l'idée d'être responsable de sa vie, et non une victime, non seulement dans ce cas représenterait sa sécurité intérieure, mais en plus, cela l'obligerait à s'en sortir ; ce qui le forcerait à accepter qu'il ait pu avoir tort pendant toutes ces années, ce qui en tant que paranoïaque est " absolument inconcevable ".

 

Pour terminer, je dirais que comme dans tout déséquilibre psychique et affectif, le malade devrait pouvoir accepter le soin, peu à peu, pour enfin trouver le point d'ancrage de cet engrenage infernal que sont les névroses, qui dépendent toujours de causes extérieures à soi, se conjuguant avec une inadaptabilité quelconque mais certaine. 

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